23 /01 / 2020

Questions à Jean-François CAILLAT, Président du Conseil de développement Loire Angers

Après deux années de présidence de ce Conseil de développement, quel est votre sentiment ?

Essentiellement, une double satisfaction :

D’abord celle d’avoir réussi, avec les Vice-Présidents et le Bureau, à faire fonctionner dans de bonnes conditions un nouveau Conseil, commun à trois intercommunalités finalement assez diverses.

Celle ensuite, d’être parvenu à produire collectivement, en 18 mois, 4 contributions de qualité *. Climat, mobilités, projet d’un territoire, emploi, sont des thèmes qui ont suscité un fort engagement dans des commissions dont les animateurs et les membres, tous bénévoles, doivent être chaleureusement remerciés.

 

Justement ces membres sont-ils représentatifs de la population ?

Le Conseil de développement n’a pas vocation à « représenter » la population, c’est le rôle des élus. Il doit en revanche être le reflet de la diversité des acteurs socio-économiques présents sur le territoire. Nous y veillons dans sa composition, avec 110 organisations impliquées.

Mais ayant fait le constat dans le précédent Conseil que ces organisations étaient majoritairement représentées par des hommes de plus de 50 ans, nous leur avons demandé de désigner dans la mesure du possible un titulaire et un suppléant de sexe et d’âge différents. Et la majorité des organisations l’ont fait. C’est ainsi que nous avons progressé sur la parité et l’équilibre générationnel.

Cela été conforté en ouvrant les commissions à des citoyens associés volontaires et en impliquant plus de jeunes, en service civique et étudiants, dans nos travaux.

 

Mais êtes-vous utiles ? Quelle est votre « valeur ajoutée » pour les collectivités et les habitants ?

Nous ne possédons pas un monopole de proposition et d’expression. Les élus disposent de l’expertise technique de leurs services et peuvent consulter directement les citoyens qui savent aussi se faire entendre spontanément.

Mais nous apportons une « expertise d’usage » collective et des avis construits après discussions contradictoires entre nos membres.

Et nous situons nos propositions dans le cadre des intercommunalités et au niveau du Pôle métropolitain, qui sont des bassins de vie et d’emploi, échelle à laquelle sont prises les décisions les plus importantes pour les habitants et sont gérés les services principaux pour leur vie quotidienne.

 

Si vos contributions sont généralement appréciées de ceux qui en prennent connaissance elles restent néanmoins confidentielles ?

Nous progressons en matière de communication, nous sommes présents sur les réseaux sociaux et notre site Internet rénové est de plus en plus fréquenté mais il est vrai que nos thèmes de travail se prêtent peu aux scoops, au buzz et aux effets d’annonce.

En revanche nous travaillons à rendre nos contributions plus courtes et plus lisibles. Nous organisons des conférences et des débats ouverts au public. Et chaque année je rends compte de nos activités et de nos propositions devant les conseils communautaires.

 

Pour quels résultats ? Êtes-vous entendus des décideurs ?

Je le crois mais il faut évaluer l’effet de nos travaux dans la durée : depuis sa création en 2002 le Conseil a produit plus de 70 contributions, au fil du temps beaucoup des propositions formulées ont inspiré des politiques et ont été mises en œuvre.

Et pour l’avenir nous comptons développer les évaluations à distance pour mieux mesurer et mettre en évidence les suites données, ou non, à nos contributions.

 

Dans l’immédiat un nouveau programme d’activité pour la période 2019-2020 a été engagé, les élections prochaines auront-elles un impact sur votre activité ?

Nous travaillons effectivement depuis septembre dernier sur de nouveaux dossiers ** : le projet de Territoire Intelligent d’Angers Loire Métropole, l’accès des services au public dans les territoires péri-urbains et ruraux et également sur un sujet complexe : comment concilier protection de l’environnement et projets d’équipements, d’habitat, de développement économique sur nos territoires ?

Nous allons donc poursuivre nos activités pendant la période électorale, mais en limitant notre communication et sans faire intervenir dans nos instances de candidats aux élections municipales. Si certains de nos membres décident de se porter candidat sur leur commune – et c’est l’une des fiertés du Conseil, donner le goût de la chose publique, l’envie de s’engager -, ils se mettront temporairement en retrait du Conseil.

Et à partir d’avril nous irons à la rencontre des équipes appelées à gérer les intercommunalités pour leur présenter le Conseil de développement et ses travaux.


Angers, le 6 janvier 2020

 

*Voir ici l’accès aux contributions 2018-2019

**Voir ici l’accès au programme d’activité 2019-2020