Les Angevins et le logement social : une opinion mitigée

Publié le : 13 mars 2017

Après avoir livré aux conseillers communautaires d’Angers Loire Métropole fin 2016 des recommandations pour rééquilibrer l’offre et l’occupation sociale des logements et lutter contre la ségrégation socio-spatiale, le Conseil de développement planche sur le deuxième volet de la contribution attendue par la Communauté urbaine sur l’image et l’attractivité du parc locatif social.

Pour ce nouveau chantier, le Conseil de développement a souhaité poser un diagnostic sur la façon dont est perçu le parc social de la Communauté urbaine, en s’appuyant sur un sondage[1].

 

UNE IMAGE MITIGÉE DU LOGEMENT SOCIAL

Les personnes ayant répondu au sondage ont exprimé une opinion globalement mitigée du logement social et ce, qu’il s’agisse du logement social en général (61%), du logement social situé dans l’agglomération (53%) ou dans leur commune (43%). Il est toutefois intéressant de noter que plus le logement social évoqué est proche de leur commune de résidence et plus l’image qu’ils s’en font s’améliore, voire devient positive (bonne opinion : 31% en général, 39% dans l’agglomération, 45% dans leur commune).  

En parallèle, la moitié des répondants considère que le nombre de logements sociaux dans leur commune est suffisant (46%). Dans le même temps, plus d’1 répondant sur 2 (56%) juge que le logement locatif social dans l’agglomération angevine ne répond pas suffisamment aux besoins des demandeurs à faibles ressources.

C’est la qualité des immeubles, des logements et leur entretien (vétusté, isolation, qualité architecturale, entretien, concentration...) (57%) qui sont avant tout évoqués par les répondants ayant expliqué leur opinion mitigée ou négative (135), suivis par l’ambiance sociale (21%) et la relation aux bailleurs (règles et délais d’attribution, difficultés d’accès au logement et quartiers demandés, réactivité... / 18%).

2 personnes sur 3 estiment que l’image que porte l’opinion publique sur le logement locatif social n’est pas bonne (66%), citant les habitants, les incivilités, l’environnement, la vétusté... comme motifs de cette image dégradée. Celles qui estiment au contraire que l’image du logement social est bonne imputent par contre plutôt cette bonne image au bâti.

 

LOUER UN LOGEMENT DANS UN QUARTIER D’HABITAT SOCIAL

S’ils recherchaient un logement locatif dans l’agglomération angevine pour eux-mêmes ou pour leurs proches, les répondants se dirigeraient à une courte majorité vers le locatif social (53%), essentiellement pour une question de montant de loyer (92,3%). Ces personnes prêtes à louer un logement social affichent une préférence très nette pour Angers (67%) ou une commune proche d’Angers (28%), sauf dans un des quartiers d’habitat social d’Angers ou Trélazé (58% de non). C’est avant tout l’environnement, le voisinage (49%) ou encore leur propre niveau de revenus (45%) qui font que certains ne choisiraient pas de se diriger vers la location d’un logement social. A noter d’ailleurs que "l’environnement, le voisinage" n’est pas non plus un critère de choix (14,8%) pour les personnes prêtes à se tourner vers le locatif social.

 

INVESTIR DANS UN QUARTIER D’HABITAT SOCIAL ?

Le refus d’habiter un quartier d’habitat social est encore plus marqué (72%) lorsqu’il s’agit de devenir propriétaire occupant, pour des raisons liées à la population et aux comportements (insécurité, propreté, absence de mixité, tensions sociales... /33%) autant que pour des raisons liées aux insuffisances et défauts des logements et du « quartier dortoir » (33%). A noter également la crainte d’y réaliser un placement immobilier incertain (14%)[2].

S’ils cherchaient à acquérir un logement pour le mettre en location, une majorité se détournerait là aussi des quartiers d’habitat social d’Angers et de Trélazé (61%), pour des raisons liées[3] là aussi à la population et aux comportements (crainte de locataires à risque et dégradations / 20%) et par crainte de réaliser un investissement trop risqué (15%). A noter que les insuffisances et défauts liés aux logements et au « quartier dortoir » sont tout relatifs chez les personnes disposées à acquérir un bien pour le mettre en location dans un de ces quartiers (8%).

Que ce soit pour y habiter (47,6%) ou pour mettre en location (42,1%), c’est dans le quartier des Hauts de Saint-Aubin que les répondants préféreraient investir.

 

UN PROFIL SURREPRESENTE

Les résultats de ce sondage ont une valeur relative, en raison du nombre de répondants (295 réponses) et de la surreprésentation d’un profil type : plus d’1 répondant sur 3 a plus de 60 ans (35,4% contre 23% de la population d’Angers Loire Métropole – Insee 2013). Plus de 4 répondants sur 5 habitent Angers ou sa proche agglomération (62 % et 23%). Plus d’1 répondant sur 2 habite une maison (58%) et est propriétaire (60% de propriétaires occupants parmi les répondants contre 45% dans la CU Angers Loire Métropole).

 

VERS UNE NOUVELLE CONTRIBUTION

Composée de questions ouvertes, cette enquête qualitative a permis aux répondants d’exprimer des réflexions personnelles sur la façon dont ils perçoivent l’habitat social et de proposer des pistes d’amélioration.

En s’appuyant sur ce sondage et sur une enquête menée auprès des acteurs du logement, la Commission menée par Jacques DECREQUY s’attèlera dans les prochaines semaines à formuler des propositions concrètes pour valoriser la perception de l’habitat social auprès de l’opinion publique. Le deuxième volet de cette contribution est attendu d’ici à l’été 2017.



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[1] Enquête réalisée en ligne du 20 octobre 2016 au 31 janvier 2017 sur un échantillon de 295 personnes.

[2] Raisons exprimées par 143 répondants

[3] Exprimées par 91 répondants

PMLA OUEST 2016 CS6 02

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