La parole à Roselyne Bienvenu, 1e Vice-Présidente d'Angers Loire Métropole

Publié le : 13 mars 2017

Roselyne BIENVENU, 1ère Vice-Présidente d’Angers Loire Métropole, en charge des coopérations entre les territoires, a été élue 1ère Vice-Présidente du Pôle métropolitain Loire Angers lors du comité syndical d'installation du 27 février 2017.

 

Les nouvelles Communautés de communes Anjou Loir et Sarthe et Loire Layon Aubance ont intégré le Pôle métropolitain Loire Angers au 1er janvier 2017. L’élargissement de son périmètre est-il une opportunité pour la Communauté urbaine ?

Cet élargissement du Pôle métropolitain est avant tout une réorganisation administrative du territoire. Le Pôle métropolitain reste un outil de coopération intercommunale très peu connu de nos concitoyens, qui n’y voient pas forcément de dimension stratégique ou politique. C’est plutôt au niveau de leur commune ou de leur intercommunalité qu’ils attendent un service public de proximité.

Cette coopération entre les EPCI sur un périmètre plus large constitue cependant une réelle opportunité. Car elle invite les élus et les services, à questionner l’organisation d'un territoire plus grand, territoire qui correspond souvent à celui sur lequel nos concitoyens organisent leur propre vie et y attendent des services les plus égalitaires possibles. Et c'est à cette échelle que nous sommes invités à mesurer les forces, les faiblesses et les atouts surtout. Cette démarche, collective et solidaire, nous amène à revisiter les « alliances de territoires » entre ces EPCI.

Notre ambition est alors d’utiliser nos différences, nos aspérités comme autant d’éléments de réflexion pour renforcer notre projet de territoire. L'aménagement du territoire, la revitalisation des centres bourg, l'environnement, l'économie, le tourisme... sont autant d'enjeux stratégiques pour tout le Pôle métropolitain et qui concernent chacun des territoires. Sur tous ces sujets, nous avons intérêt à travailler ensemble et à délaisser les stratégies individuelles.

Le PMLA est un outil qui doit aider à gommer les ruptures d’égalité entre nos territoires, sans les déposséder pour autant de leurs particularités et de leur identité. Les atouts des uns peuvent servir à réduire les faiblesses des autres, et inversement.

J’ajouterai enfin que sa taille présente aussi l’avantage de pouvoir « faire territoire » pour peser aux échelles régionale et nationale, notamment sur des grands projets d’infrastructures ou d’aménagement.

 

Ces modifications du périmètre du Pôle métropolitain ne seront pas non plus sans effet sur le Conseil de développement[1]. Les élus de la Communauté urbaine privilégient-t-ils déjà un scénario d’évolution ?

La question se pose en effet de savoir si le Pôle métropolitain doit s’appuyer sur un seul Conseil de développement, commun à tous les EPCI qui le composent, ou sur plusieurs Conseils de développement. Historiquement, Angers Loire Métropole et le Pôle métropolitain Loire Angers avaient opté pour un Conseil de développement commun, très structuré. Les autres territoires disposaient eux aussi de leur Conseil de développement, mais ceux-ci faisaient surtout fonction d’agence de développement.[2]

Quel que soit le choix final des EPCI, je pense qu’il est nécessaire de garder une instance de démocratie participative qui puisse porter ses réflexions à l’échelle du nouveau Pôle métropolitain. Et donc, à celle du Schéma de Cohérence Territoriale. En l’occurrence, le temps est un allié et il faudra, sans doute franchir des étapes successives avant de voir opérer un Conseil de développement composé de membres issus de ce territoire élargi.

La société civile, j’en suis convaincue, peut s’organiser à l’échelle du Pôle métropolitain. D'ailleurs, certaines structures qui participent au Conseil de développement de l'ancien PMLA travaillent déjà à une échelle très élargie, souvent même au-delà du Pôle métropolitain.

Pour mieux prendre en compte la ruralité, tendre vers plus de mixité, vers une meilleure représentativité de nos concitoyens... il convient de développer une stratégie qui permette de mobiliser toutes les ressources dont dispose notre territoire. Et sans doute de nouvelles ressources pour le nouveau Conseil de développement. Les dispositifs de concertation locale comportent encore une forte part d’invisibilité, qu’il nous appartient de gommer ou de corriger. Dans l’intérêt du Pôle métropolitain, nous devons veiller à associer des citoyens qui « ne sont nulle part », que l’ « on n’auditionne pas » et qui peuvent pourtant apporter une réelle plus-value aux réflexions du Conseil de développement et aux propositions qu’il nous adresse.

En ce sens, la nouvelle échelle du Pôle métropolitain Loire Angers en fait un espace territorial encore plus stratégique.

 

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[1] Les Communautés de communes ont désormais l’obligation de mettre en place un Conseil de développement soit à leur échelle, soit à l’échelle du SCOT auquel elles adhèrent. Il en existait sur l’espace de coopération auquel elles appartenaient historiquement : Pays des Vallées d’Anjou et Pays Loire en Layon

[2] Le Pays des Vallées d’Anjou, Le Pays Loire en Layon et leur Conseil de développement respectif ont été dissous au 31 décembre 2016.

PMLA OUEST 2016 CS6 02

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